ECOLE ET CHAPELLE SAINT-FRANÇOIS DE SALES

Survol Historique

 

1485 : vers 1485 naissance à Dijon de Bénigne Serre, fils de négociant aisé, faisant partie de la petite bourgeoisie marchande

Son ascension sociale est rapide. En décembre 1515, il tient le poste de Contrôleur des Dons et Octrois de Dijon. En 1517(ou 1516?), celui de Receveur Général des Finances de Bourgogne.

Il est seigneur d’Esbarres, Orsan, Aubigny, Daix, Brétigny, Clénay et Ogny.En 1523, il est greffier en chef au Parlement de Bourgogne, et en 1535 premier Président de la Chambre des Comptes de Dijon, charge qu’il résignera en 1549.

Accompagnant François 1er dans le Milanais en 1517, il découvre les beautés de la Renaissance italienne.

 

1541 : date (d’achèvement ?) gravée à la renverse à la partie centrale du bandeau nord-est d’un petit pavillon Renaissance au 5 rue du Lycée à Dijon. Ce pavillon est le vestige d’un magnifique hôtel particulier que fit construire Bénigne Serre à son retour d’Italie.

 

1552 : décès de Bénigne Serre. (1552 ou dans le dernier tiers de l’année 1551).

1604 : François de Sales (1567-1622), évêque de Genève, venu à Dijon prêcher le Carême à la Sainte-Chapelle loge dans le pavillon Bénigne Serre. C’est dans ce pavillon que Jeanne-Françoise Frémyot (1572-1641) baronne Rabutin de Chantal, qui deviendra Jeanne de Chantal, lui rend visite et que sont élaborés les premiers fondements de l’Ordre de la Visitation.

 

1840 : le 27 avril 1840, naissance à Dijon de Christian de Bretenières dans la demeure familiale l’hôtel Chartraire de Montigny au 39 de la rue Vannerie (également appelé hôtel de Nansouty). Son frère, Just de Bretenières, né à Chalon-sur-Saône le 28 Février 1838 deviendra missionnaire en Corée et sera décapité le 8 Mars 1866 à l’âge de 28 ans. Il sera canonisé par le pape Jean Paul II en 1984.

Ces deux frères descendent de la famille Ranfer de Bretenières, famille qui a tenu un rôle important  à  Dijon parmi les dignitaires locaux.

Christian, après des études de Lettres et de Droit,  entre au séminaire d’Issy,   puis au séminaire français de Rome. Il est ordonné prêtre en 1867. De retour à Dijon, il est nommé enseignant au petit séminaire de Plombières-les-Dijon durant dix années. Puis il obtient de devenir missionnaire à Fontaine-les-Dijon où il contribue à la restauration du château natal de Saint-Bernard.

1880 : les décrets de Jules Ferry, Ministre de l’Instruction publique, dispersent les Jésuites.

A Dijon, depuis1873, ils tiennent l’Ecole Saint-Ignace, située d’abord rue Condorcet dans l’ancien Petit-Citeaux, puis boulevard Voltaire en 1879. Suite à ces décrets, l’Ecole est privée de direction et de personnel. L’évêque charge alors Christian de Bretenières d’en reprendre la direction. Ce dernier accepte, mais bientôt  décide de créer une école distincte de Saint-Ignace.

1882 : en 1882 (ou 1883 ?), Christian de Bretenières qui possède l’hôtel du Commandant Militaire au 41 de la rue Vannerie(également appelé hôtel de Bretenières)rachète l’hôtel Chartraire de Montigny pour y loger son école.Les deux hôtels, séparés au cours de leur histoire, redeviennent commun.

 

1884 : le 3 mars 1884, ouverture du Petit Collège dans l’hôtel Chartraire de Montigny. Le Petit Collège, comme l’ensemble de l’Ecole fut dénommé Ecole Saint-François de Sales. Pour Christian de Bretenières, le passage de l’évêque de Genève à Dijon en 1604 et son hébergement dans le pavillon de Serre inclinait naturellement à placer le collège sous le patronage du saint.

1890 : en octobre 1890, ouverture du Grand et Moyen Collège dans l’hôtel de Bretenières, demeure personnelle de Christian de Bretenières, contigu à celui de Montigny. Le collège devient un établissement durable. L’enseignement s’adresse à la jeunesse masculine issue de l’élite catholique de la ville et de la Bourgogne. Sur un peu plus de trois cents élèves, un annuaire de l’école mentionne que quatre-vingt-seize sont nobles.

Par la suite, et déjà en 1887,progressivement les extensions se poursuivent par différentes acquisitions et constructions. Acquisitions des maisons bordant la rue du Lycée à la place desquelles l’architecte Charles Suisse édifie un bâtiment destiné aux dortoirs, le rez-de-chaussée servant de salle de réunion et de salle des fêtes. En 1924 achat de l’hôtel particulier situé à l’angle de la rue Vannerie et de la rue du Lycée destiné aux classes primaires.

Les anciens jardins deviennent des cours, des préaux sont ajoutés. Arbres divers, plates-bandes…

Le tout formant un grand ensemble harmonieux entièrement clos, contrastant singulièrement avec les bâtiments du Lycée Carnot avoisinant. Un buste en bronze de Just de Bretenières se dresse dans le jardin du grand collège, « pour témoigner aux élèves ce que peuvent le courage et l’esprit de sacrifice quand ils sont au service de la foi » (Henri Chabeuf, Décembre 1914).

En janvier 1890, parution du premier Bulletin édité par l’Ecole. (BESF).

Cette même année, Christian de Bretenières abbé du collège et désirant que Dieu n’y soit pas « le plus mal et le dernier logé » entreprend d’y ajouter une chapelle. Le petit pavillon Renaissance, dernier témoin de l’hôtel que Bénigne Serre avait fait construire, répondait parfaitement à cette intention aussi bien par son histoire que son emplacement. La chapelle sera donc construite dans le prolongement du pavillon.

L’architecte dijonnais Charles Suisse (1846-1906) est choisi pour diriger les travaux, ce choix  offrant l’avantage d’un dialogue de proximité. Car dans cette réalisation, l’abbé, fin connaisseur et amoureux des vieilles pierres va particulièrement y imprimer sa pensée.

Le pavillon qui était à l’abandon est restauré. Les trois fenêtres du premier étage sont rétablies dans leurs dimensions originelles, une toiture bourguignonne remplace l’ancienne en tuiles unies…Des modifications sont effectuées, mais sans en altérer fondamentalement le style. Puis la chapelle est édifiée en  néo renaissance s’appuyant au pavillon car « la juxtaposition de ces deux monuments devait nécessairement produire une harmonie de  style  et de ligne ». (BESF 14 Juin 1890).

Le 8 juin 1890, l’abbé Christian de Bretenières pose la première pierre de la Grande Chapelle. «C’est le coeur de notre Collège qui commence à battre à sa vraie place » (BESF 14 Juin 1890).La chapelle séparera le Grand Collège du Moyen et sera commune à tous deux, le Petit Collège conservant sa chapelle particulière.

1892 : le 31 janvier1892, Mgr Oury, évêque de Dijon bénit la nouvelle chapelle entièrement financée par Christian de Bretenières.

Le portique à trois arcs du pavillon sert de narthex à la chapelle. Cette dernière est  couverte d’une  toiture d’ardoise à deux pans avec une voûte de bois de chataîgner en carène de bateau renversé comparable à celle du Palais de Justice de Dijon. Le mobilier est réalisé en imitation du style Renaissance bourguignon. L’aménagement intérieur s’effectuera peu à peu : chemin de Croix, tapis de Chœur…Les orgues sont installées en 1909.

Christian de Bretenières apporte une grande attention à la composition des verrières. Leur réalisation fut progressive. Le peintre verrier parisien Edouard Didron (1836-1902) fut le premier maître d’œuvre « qui  parvint à faire fabriquer une verre identique au verre ancien » d’un ton à la fois « laiteux et doré » (BESF 1er Juillet 1893).

A la mort de Didron, huit vitraux manquaient. Le verrier Jean Gaudin les réalisera en 1936 dans le même style. Tous les vitraux furent financés par les dons d’élèves et d’amis de l’Ecole.

L’iconographie de cet ensemble fut élaborée par l’abbé de Bretenières. La double verrière centrale de l’abside forme l’axe de la composition et représente le Christ et la Vierge.  « Notre Seigneur bénit les enfants (grands, moyens, et petits) que lui présente la Sainte Vierge ». De chaque côté de cette verrière se trouvent judicieusement disposés, à droite les Confesseurs, à gauche les Martyrs. Sauf  Jeanne d’Arc et François de Sales, ces saints étaient nobles et originaires de Bourgogne ou y ayant vécu. Un vitrail côté confesseurs devait représenter Bénigne Joly,  mais en 1923 les responsables de l’Ecole décidèrent que Christian de Bretenières, alors disparu, remplacerait  Bénigne Joly pour se trouver en face de son frère  Just.

Ces vitraux sont à la fois un message et un programme s’adressant aux élèves de l’Ecole. Ils célèbrent le rôle social éminent auquel est appelée une élite de jeunes gens bien nés, en rappelant que cette vocation doit s’épanouir dans une vie chrétienne au service de l’église catholique.

1914 : le 28 février 1914, décès de l’abbé Christian de Bretenières dans son appartement de la maison familiale. Depuis 1902, il s’était démis du titre académique de Directeur pour celui de Supérieur. Il restait l’âme de l’Ecole.

Déclanchement de la première guerre mondiale. Un hôpital militaire est installé dans les locaux du Grand et  Moyen Collège, ce qui oblige « à recourir à des moyens de fortune pour la tenue des classes » (BESF – 30 Janvier 1915). Le 10 août arrivent les premiers blessés et malades.

Anecdote : un Bulletin de l’école du 31 octobre 1914 stipule que les externes doivent porter la casquette d’uniforme de l’Ecole à l’aller et au retour de leurs classes. Cette recommandation est réitérée dans le Bulletin du 30 novembre 1918 sous forme d’avis adressé aux familles « la bonne éducation des élèves comme le renom de l’Ecole, exigent de leur part une tenue correcte dans les rues […]. Plus d’un danger peut être écarté quand la coiffure indique l’Ecole et le milieu social auxquels les jeunes gens appartiennent ».

1921 : le 20 juillet 1921,  inauguration du Mémorial élevé à la mémoire de l’abbé Christian de Bretenières. Dès 1914, une souscription était ouverte permettant d’ériger ce monument, mais la guerre allait en retarder l’exécution.

Le monument est placé dans le mur gauche du péristyle de la chapelle. Un buste en bronze de l’abbé de Bretenières, œuvre du sculpteur Henry Bouchard, se trouvait dans l’encadrement architectural. Le style de cet encadrement, oeuvre de Pierre Oechslin, est assorti à celui du pavillon Renaissance. Sur la base de cet encadrement est gravée une inscription latine signifiant :

 

Christian Ranfer de Bretenières, prêtre, qui fonda l’Ecole dans la demeure paternelle et fut son premier directeur

NATUS                OBIT

1840                   1914

 

1923 : le 1er juillet 1923, inauguration du Monument des morts de la Guerre, élevé par souscription des Amis de l’Ecole. Ce monument, aujourd’hui disparu, occupait au rez-de-chaussée, la paroi droite du pavillon de Serre dans la Grande Chapelle. Ovide Yencesse, directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Dijon, en fut le concepteur, et les sculptures exécutées par son fils.

Le soubassement et le bas-relief en pierre représentaient un soldat étendu, recouvert par les bras d’une croix. Des rayons d’or ayant la croix pour centre se projetaient jusqu’aux extrémités du mur. Entre leurs faisceaux, en mosaïque, se détachaient en brun sur fond bleu, les noms des 183 professeurs, anciens professeurs et anciens élèves de l’Ecole morts pour la France.

1939-1945 : la seconde Guerre mondiale va à nouveau perturber le fonctionnement du collège. A la  déclaration de guerre en 1939, les locaux de la rue du Lycée sont réquisitionnés dans la  perspective d’installer un hôpital militaire complémentaire. Puis les Allemands en prennent possession. L’enseignement se poursuit dans des conditions extrêmement difficiles.

En 1942, l’occupation va s’étendre à tout le collège. Les classes sont évacuées et réparties dans différents lieux. Ce n’est qu’à la libération que le collège réintégrera ses locaux.

 

1970 : le collège Saint-François de Sales est regroupé avec d’autres établissements catholiques privés, et  transféré dans le parc de la Providence au 95 rue de Talant à Dijon. Les bâtiments sont vendus à différents acquéreurs, dont l’Etat en 1971, s’agissant des hôtels situés au 39 et 41 rue Vannerie. Ces deux hôtels deviennent le siège du  Ministère de la Culture de la ville de Dijon. (Aujourd’hui la DRAC).

1973 : un permis de démolition du bâtiment situé au 3 rue du Lycée est déposé en vue de l’édification d’un immeuble de bureaux. Ce projet étant refusé par tous les services habilités à se prononcer, la demande est rejetée par le Préfet.

Un porche est créé entre le 3 et le 5 de cette même rue, afin de permettre l’accès à l’ensemble du site. Cette même année la chapelle est vendue à l’Eglise Evangélique Baptiste (Eglise chrétienne, protestantisme évangélique).

1975 : le 29 octobre 1975 inscription de la chapelle à l’I.S.M.H (Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques).

 

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Le collège Saint-François de Sales, ou Ecole, fut le collège de la bonne société masculine, empreint de  traditions et de valeurs. Le programme était exigeant et austère. Certains anciens élèves devinrent des personnalités : le poète André Frénaud, le peintre Jean Bertholle, le ministre Jean-Philippe Lecat… Des prêtres  érudits  y enseignèrent.

Just de Bretenières vécut  dans une chambre du pavillon de Serre. En 1911, Christian de Bretenières obtint le retour en France des ossements de son frère et les inhuma à Bretenière. Le 3 Mars 1914, il le rejoignait dans le caveau familial. Just et Christian étaient à nouveau réunis.

En 1970, changeant de lieu le collège tourne une page de son histoire.

 

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Sources :

 

-  Bulletins de l’Ecole Saint-François de Sales. BESF.

-  Mémoires de L’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon. Recueil mensuel - Mars 1924.

-  Jean-François Bazin - Le Tout Dijon - 2003.

-  Pierre-Antoine Jacquin, « La chapelle de l’École Saint-François-de-Sales, lieu de mémoire de la chrétienté bourguignonne », Annales de                Bourgogne, t. 75, 2003, p. [191]-208

  

 

 

 

Réalisation : Eglise Evangélique Baptiste 5 rue du Lycée 21000 Dijon -2014

la-bonne-nouvelle.org

5 Rue du Lycée - 21000 Dijon

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